La première fois que j’ai tiré avec une arme à feu

Même après une année entière passée au Texas, je dois avouer que la simple vue d’une arme à feu sur le parking de la foire aux armes de Tyler la semaine dernière, au rayon chasse des magasins de sports américains, à la ceinture d’un policier, d’un militaire ou d’un éleveur comme Bill Rivers, que nous avons interviewé à Bandera (la « capitale des cowboys »), me répugne toujours. Comme la plupart d’entre nous j’espère, j’aimerais vivre dans un monde expurgé de violence. Mais la culture des armes est tellement présente de ce côté-ci de l’Atlantique (et au Texas en particulier), que je me dois de m’y intéresser en tant que journaliste.

Et j’avoue que j’étais vraiment curieuse de savoir quelle sensation on ressent au moment de tirer. Pas tellement ce qui passe par la tête au moment d’appuyer sur la gâchette. Mais est-ce que l’on sent le recul du pistolet dans tout son corps lorsque la balle est partie ? Ou est-ce que l’on peut vraiment envoyer un projectile mortel sans aucun effort ? Je sais bien que tout l’enjeu pour les fabricants d’armes est de permettre de tuer en fournissant le moins d’efforts possible. Mais je me demandais si, sur le plan strictement physique, il était vraiment aussi facile de tirer que je me l’imaginais, car cette idée me semblait vertigineuse.

Quand nous sommes entrés en contact avec un présentateur de Fox News à Houston par l’intermédiaire de la petite-fille de Naomi et qu’il nous a annoncé son intention d’envoyer une équipe de la chaîne couvrir notre initiative (raison pour laquelle nous retournons dans la région de Houston), mais aussi donné son accord pour nous initier au tir, lui qui est un ancien militaire et a couvert la guerre en Irak pour NBC, j’ai donc ressenti un mélange d’excitation et d’appréhension. Et décidé de ne pas trop y prêter attention, histoire de vivre les évènements comme ils se présentaient, sans a priori, comme nous tâchons de le faire depuis le début de l’aventure Texas Families.

LES ARMES A FEU, OBJETS DU QUOTIDIEN

Quand nous sommes arrivées à destination juste à temps pour nous rendre au stand de tir et que notre hôte du jour a déballé deux de ses armes (un 9 mm et l’autre de calibre 22) dans son salon-salle à manger, puis entrepris de m’expliquer les bases du maniement des armes à feu (Mélinda s’étant déjà essayé au tir lors d’un précédent séjour au Texas), le sentiment de décalage était donc complet.

« Nous allons le faire au calme avant de partir, car au stand de tir, nous ne nous entendrons pas », a pourtant indiqué mon instructeur avant de se lancer dans des explications sur le chargement des armes à feu, les crans de sécurité, la façon de positionner ses mains sur la poignée… N’empêche : la présence de ces deux pistolets, même déchargés, dans cette pièce à vivre me semblait totalement incongrue. Je lis tellement de fait divers impliquant des armes à feu ayant tué accidentellement en suivant les infos locales que, contrairement à beaucoup de Texans comme les Agnew, rencontrés à Waco, j’ai vraiment du mal à voir les revolvers comme une protection contre les dangers qui nous entourent.

Le trajet en voiture jusqu’au stand de tir m’a paru long. Mais une fois arrivée là-bas vêtue d’un simple débardeur et dotée d’un casque anti-bruit comme seul équipement de protection, je n’avais pas très envie de descendre du gros pickup dans lequel nous sommes montées pour me frayer aux porteurs de pistolets et de fusils que nous avions aperçus par la fenêtre de la voiture.

DE L’APPRÉHENSION A L’EXCITATION

Au début, mes bras comme mes mains tremblaient, la sueur baignait mon visage, une légère sensation de nausée s’était emparée de moi et aucune balle ne touchait la cible. Le vacarme des détonations me semblait assourdissant en dépit du casque anti-bruit. La fumée des détonations me brûlait les narines. Sentir les déflagrations des armes de plus gros calibre actionnées à côté de moi me déconcentrait complètement. Et le rebond d’une cartouche vide sur ma hanche m’a fait sursauter.

Une courte pause a suffi pour vivre cette expérience complètement différemment la seconde fois. Ayant mieux compris comment viser et m’étant habituée aux sensations que procure le tir d’une arme à feu, j’ai commencé à tirer dans la cible, puis à me rapprocher de son centre, au point de mettre une balle dans le point rouge.

Ce fut l’une des dernières balles que j’ai tirées avec le 22 mm et je ne suis pas sûre d’en avoir de nouveau un en main à l’avenir. Mais je dois avouer que je suis fière d’avoir mis une balle au centre de la cible. En fait, dès que j’ai commencé à m’en rapprocher, j’ai senti l’excitation s’emparer de moi.

J’en tire donc les conclusions que : oui, il est vraiment facile de tirer au pistolet et que nous avons tous le potentiel pour développer une fascination pour les armes à feu. Raison de plus pour s’y intéresser et tenter de comprendre tout ce qu’elles représentent dans ce pays !

TEXTE Cécile

PHOTOS Cécile & Mélinda

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2 réflexions sur “La première fois que j’ai tiré avec une arme à feu

  1. Bonjour,
    Tout d’abord je suis surpris qu’une journaliste fasse deux grossières erreurs dans la rédaction de cet article…
    La première : on n’appuie pas sur une « gachette » mais sur une queue de détente. La gachette est en effet une pièce interne au mécanisme du bloc détente…
    La deuxième, encore plus grossière, mais que malheureusement nous retrouvons partout, il ne s’agit pas d’un « 22mm » mais plutot d’un 22lr (soit du 5.5mm ou encore du 22/100 de pouce). En effet, il serait incongru de vous faire tirer avec un « bazooka » !
    Enfin, votre article fort intéressant, notamment pour un Moniteur de Tir Professionnel en France comme moi et Président d’un club de plus de 700 adhérents, montre l’incompréhension des non initiés à la pratique du tir
    sportif (et non à usage défensif)…
    Entre la France et les USA il y a un monde d’écart, notamment dans l’utilisation des armes à feu.
    Pour terminer, je me pose souvent la question… Qu’est-ce qui est plus dangereux : une voiture qui developpe plus de 300cv et roule à 250 km/h et qui est utilisée tous les jours par des millions d’Américains, ou une arme à feu ? Qui fait le plus de morts par an ?
    Ce qui est important de comprendre c’est que ce n’est pas l’objet qui est dangereux, mais bien l’utilisateur !
    Si vous êtes de passage du coté de Montpellier, je vous ferai « découvrir le tir autrement ! »
    Cdlt. AD.

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