Liesse à Austin, bastion démocrate, pour la réélection d’Obama

Les soirées électorales sont festives aux Etats-Unis. Dans la capitale du Texas, Austin, même le très sérieux Texas Tribune avait prévu un concert et des chamallows grillés pour son Election watch party. Pas évident pour Mélinda d’assurer un direct pour une radio mauricienne dans ces conditions !

A l’annonce de la victoire d’Obama, le camp républicain a toutefois déserté le bar qu’il avait choisi pour suivre les résultats. Seules des pancartes du Républicain Ted Cruz, devenu le premier sénateur Latino du Texas, attestent de leur passage. Un retardataire nous assure cependant de son plaisir de voir la démocratie à l’oeuvre.

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Dan Moran – Héros de guerre et citoyen avisé

A 31 ans, Daniel Moran est l’heureux papa de trois enfants âgés de sept, cinq et deux ans et demi. Le soir où nous le rencontrons, à Cypress, au Nord-Ouest de Houston, sa femme Teal est sortie et les deux petits confiés aux soins d’une baby sitter, car Trey, l’aîné, a entraînement de football américain. La session dure deux heures. Mais pas question pour Dan de rater le rendez-vous. Dans cette famille de Texans de souche, le foot est une affaire importante.

Dan & Trey

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La première fois que j’ai tiré avec une arme à feu

Même après une année entière passée au Texas, je dois avouer que la simple vue d’une arme à feu sur le parking de la foire aux armes de Tyler la semaine dernière, au rayon chasse des magasins de sports américains, à la ceinture d’un policier, d’un militaire ou d’un éleveur comme Bill Rivers, que nous avons interviewé à Bandera (la « capitale des cowboys »), me répugne toujours. Comme la plupart d’entre nous j’espère, j’aimerais vivre dans un monde expurgé de violence. Mais la culture des armes est tellement présente de ce côté-ci de l’Atlantique (et au Texas en particulier), que je me dois de m’y intéresser en tant que journaliste.

Et j’avoue que j’étais vraiment curieuse de savoir quelle sensation on ressent au moment de tirer. Pas tellement ce qui passe par la tête au moment d’appuyer sur la gâchette. Mais est-ce que l’on sent le recul du pistolet dans tout son corps lorsque la balle est partie ? Ou est-ce que l’on peut vraiment envoyer un projectile mortel sans aucun effort ? Je sais bien que tout l’enjeu pour les fabricants d’armes est de permettre de tuer en fournissant le moins d’efforts possible. Mais je me demandais si, sur le plan strictement physique, il était vraiment aussi facile de tirer que je me l’imaginais, car cette idée me semblait vertigineuse.

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Les Bingham – Déçus par le parti républicain mais fans du Texas

Christie et Gene Bingham

Forcément républicains les commerçants texans ? Rien n’est moins sûr ! Votant habituellement pour le parti de l’éléphant, Gene et Christie Bingham, patrons du restaurant The Beacon Cafe, situé au sein d’un aérodrome de Fort Worth, s’apprêtent à s’abstenir. Pour eux, non seulement Mitt Romney est un mauvais candidat, qui « hésite sans cesse », « ne dit pas clairement ce qu’il veut faire » et « s’en est pris aux petites gens ». Mais Obama a aussi « sauvé l’économie », « reconnu qu’il ne pourrait pas faire tout ce qu’il avait promis lors de la précédente campagne et maintenu les troupes nécessaires à l’étranger ».

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Les St. John – Un déçu d’Obama + une libertarienne = deux votes pour Romney ?

Robin et Jeff St. John

Elle est agente immobilière, lui professeur de physique. Robin et Jeff St. John se sont rencontrés en 1990, sur leur lieu de travail. Diplômée en psychologie, Robin intervenait dans l’établissement scolaire où Jeff donnait des cours, en Californie. La Texane était déjà maman d’une petite fille, Britney, qu’elle élevait seule. Et quand elle est tombée enceinte de leur fils Dylan, Jeff l’a épousée, puis l’a suivie au Texas, dans le Nord de l’agglomération de Dallas-Fort Worth. Car pour le couple, « la Californie n’est pas un bon endroit pour élever des enfants. Il y a trop de distractions. Les gangs y sont plus actifs ». Lire la suite

Nacogdoches – Une coloc’ arty et engagée, mais pas dans les urnes

Ils circulent à vélo, font leurs courses au marché de producteurs, jouent de la musique, écrivent, peignent ou dessinent, et vivent ensemble sous le même toit plutôt que d’entrer dans le moule du couple marié avec enfants -pourtant prédominant à Nacogdoches, où ils ont élu domicile. Daniel Baugh, Santiago Escobedo, Kimberly Foli et Krysta Robertson ont beau vivre dans l’Est du Texas, connu pour son attachement aux traditions, ces jeunes âgés de 22 à 24 ans se reconnaissent volontiers comme des hipsters. Et contre toute attente, ils s’épanouissent à Nacogdoches.

Daniel, Krysta, Kimberly, Santiago

Certes, « il n’y a pas beaucoup d’endroits où montrer son art », regrette Santiago, étudiant en beaux-arts à l’université Stephen F. Austin. Mais « en prenant en compte le conservatisme ambiant, on peut considérer que Nacogdoches est assez ouvert », nuance Kim, rédactrice en chef adjointe au Daily Sentinel, le quotidien local. « Je viens de trouver un nouveau lieu d’exposition pour les artistes locaux », s’enthousiasme d’ailleurs Daniel, également étudiant en beaux-arts et président de l’Alliance pour les arts de l’université Stephen F. Austin. Lire la suite

Voter avant le 6 novembre c’est possible !

Chris a voté le 25 octobre pour la présidentielle du 6 novembre.

Pour favoriser la participation électorale, le Texas permet à ses habitants de voter jusqu’à quinze jours à l’avance. Comme Barack Obama à Chicago, la dame assurant l’accueil de l’office de tourisme de Huntsville s’est prononcée avant le jour-J (qui tombe cette année le six novembre). Et Chris affichait fièrement son civisme avec un autocollant « a voté ! ».

En personne ou par courrier, ils sont près d’un million et demi à avoir ainsi anticipé l’échéance électorale, soit plus de 17 % du collège électoral selon les derniers chiffres de la Secretary of State. A Houston, un Français fraîchement naturalisé nous a raconté son étonnement face à l’engouement des Texans pour ce mode de scrutin.

« J’ai été surpris par la longueur de la queue à faire avant d’arriver à la machine de vote. Ensuite, c’est une cinquantaine de questions auxquelles il faut répondre, une dizaine sur des changements de lois locales, mais surtout une quarantaine de candidats à départager, depuis la présidence de la fédération jusqu’au 334e district judiciaire ! J’avoue avoir peu d’éléments pour me prononcer sur cette dernière élection. Mais au Texas il n’y a de toute façon qu’un seul candidat à certains postes : celui du parti républicain ».

Comme Chris, la plupart des Texans vote en effet pour le parti républicain. Au point que la primaire républicaine retienne parfois plus l’attention que l’élection générale.

TEXTE Cécile

PHOTO Mélinda

Huntsville – Des Démocrates en campagne

Neil Burns

Une gageure de faire campagne pour le parti démocrate dans l’Est du Texas, viscéralement républicain ? Pas du tout pour Neil Burns, candidat démocrate à la législative organisée dans le huitième district de l’Etat. A Huntsville comme ailleurs, « nous menons une campagne de terrain, en nous appuyant sur les bureaux démocrates disséminés dans l’ensemble du district, et sur notre réseau de militants allant porter la bonne parole un peu partout, en organisant des réunions publiques, en informant les électeurs sur le vote à l’avance… » Lire la suite

Cynthia Rogers – Un président noir, rare signe d’espoir

Mère de cinq enfants nés de trois pères différents dont aucun n’a été son mari (son seul mariage n’ayant duré que deux ans et ne s’étant pas traduit par une nouvelle naissance), Cynthia Rogers a l’impression de subir sa vie. « Quand on est petite fille, on ne se dit pas que l’on va vivre des allocations [soit un budget de 1 343 dollars mensuels, du fait du handicap de son second fils, autiste]. Mais pour élever mes enfants, j’ai dû y avoir recours ».

Josef le fils, Cynthia la mère, Kendra la fille

Née à Hawaï en 1965, Cynthia semble avoir souffert de l’attention portée à sa sœur aînée, souffrant d’un problème cardiaque, de la mort de sa mère d’une maladie auto-immune (le Lupus érythémateux disséminé) quand elle n’avait que neuf ans et de l’autorité parentale accordée sa belle-mère. « Elle en abusait. Quand elle nous punissait, elle s’assurait que nous souffrions ».

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Les López-Izaguirre – L’Amérique sans le rêve ni les papiers

María López n’a pas le droit de vote aux Etats-Unis : elle est mexicaine. Pourtant, ce samedi 27 octobre, elle ira toquer aux portes de son voisinage de Houston pour inciter les Latinos à aller voter. « Nous qui n’avons pas de papiers, nous avons besoin que les membres de notre communauté participent, car nous ne sommes pas traités comme des êtres humains », estime cette quadragénaire arrivée dans la première ville du Texas en 2001 avec un visa tourisme.

Le porte-à-porte ne représente qu’une petite partie de l’activité militante de cette femme de ménage. Avec ses collègues de Houston syndiqués au Service Employees International Union (SEIU), elle s’est mise en grève pendant près d’un mois en juillet afin de défendre ses avantages sociaux.

Maria et sa fille Shiomara

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Les Ward – Obama pour son bilan et sa vision avant sa couleur de peau

Des Noirs au Texas ? Il y en a un petit peu moins que dans le reste du pays (à un point près). Mais tout de même plus de 12 % au dernier recensement de la population, en 2010.

Pour en rencontrer, il nous a suffi de nous rendre à l’heure de la messe dans un temple rattaché à un courant du protestantisme né après le début du XIXe siècle (l’époque où les Afro-Américains ont commencé à s’y convertir massivement). A l’église baptiste missionnaire de Mount Moriah, à Elgin, près d’Austin, nous avons fait la connaissance de Gladys Ward, la mère du pasteur assistant.

Mount Moriah Missionary Baptist Church

LE PASSE ESCLAVAGISTE DU TEXAS

« Ma grand-mère est arrivée comme esclave du Tennessee pour récolter du coton et je me rappelle qu’à l’école nous devions nous contenter de livres d’occasions, dont certaines pages manquaient, car c’était l’école des Noirs », raconte la sexagénaire, qui a passé toute sa vie dans la région rurale située à l’Est de la capitale du Texas.

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Les Blyth-Salvato / Deux homosexuels démocrates réinventent la famille recomposée

La mère Cheryl, le père Carl (désormais divorcés), le nouveau compagnon de Carl Joe, les filles Claire, Katie, Sarah et son mari Kiran

Originaire de la côte Est, où il a passé l’essentiel de sa vie (hormis des séjours en France, où il a appris le français adolescent, puis au Canada), Carl Blyth avoue qu’il était un peu inquiet avant de déménager à Austin, la capitale du Texas, en 1993. « Je m’imaginais l’Etat comme laid, sec, républicain. Le Texas est républicain, mais il est beaucoup plus divers qu’on ne l’imagine de l’extérieur et la République populaire d’Austin n’a rien à voir avec la conservatrice Dallas ou même Houston ».

UNE FAMILLE RECOMPOSEE ET HOMOSEXUELLE

Austin, c’est la ville où Carl a pu faire son coming out et se séparer de sa femme sans drame majeur en 1997, avant de reconstruire une famille à part entière avec Joe Salvato, qu’il a rencontré en 2004. Les deux premières filles de Carl, Sarah et Katie, étaient alors adolescentes. Mais la petite dernière, Claire, n’avait que dix ans. « Nous avons donc partagé le rôle de père et Joe a beaucoup fait à la maison », souligne Carl. Lire la suite

Les Sias – Un vote démocrate en guise d’assurance chômage

Les Sias – La mère : Juanita, le fils : Mauro, le père : Ricky, la fille : Roxy, l’oncle : Joe Segueda.

A Laredo comme dans le reste de la vallée du Rio Grande, on vit à la mexicaine. Fils d’immigrants mexicains, Ricky et Juanita Sias parlent espagnol à la maison. Chaque matin, ils déposent leurs fils de six ans, Mauro, à une école bilingue où les hispanophones apprennent l’anglais. Et en attendant le retour de Ricky de la carrosserie où il travaille jusqu’à 18 heures, la petite Roxy, un an et demi, est gardée par sa grand-mère maternelle, puisque Juanita a commencé à travailler dans un restaurant où elle embauche à 18 heures. Lire la suite

Au Texas, on fore encore…

Le sous-sol entre San Antonio et Laredo, à la frontière mexicaine, recèle un trésor de schiste bitumeux : le réservoir d’Eagle Ford, que la hausse des prix de l’essence et l’évolution des techniques de forage permettent d’exploiter depuis seulement quelques années, mais pour encore plusieurs décennies, espère KED Interests, la société  de Houston qui édite le site EagleFordShale.com.

En fait, « personne ne sait combien de temps cela va durer », commente Garry Wilson, un rancher de la région qui a vendu son bétail lors de la sécheresse de 2008 et a conduit des bulldozers, avant de commencer à fournir des services de pompage à haute pression, il y a deux ans.

Garry Wilson

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Les Valdez – Chicanos au chômage mais pleins d’espoirs

Les Valdez font partie des 25,8 % de pauvres vivant à San Antonio. Sachant qu’officiellement, être pauvre aux Etats-Unis signifie, pour une famille de quatre personnes, vivre avec moins de 23 000 dollars annuels. Dans le cas des Valdez, les revenus annuels du foyer se limitent aux deux pensions d’invalidité des parents, Augustin et Rosemary, soit 8 400 dollars par an (ou 700 dollars mensuels).

UNE SANTE DÉFAILLANTE, PASSEPORT POUR LE CHÔMAGE

Avec cette somme, « il faut payer les charges, la nourriture, l’essence, les produits d’hygiène et d’entretien de la maison, les abonnements au câble, au téléphone, mais aussi à internet, dont notre dernier fils, Nikolas, a besoin pour étudier, et les mensualités des prêts contractés afin de permettre à notre seconde fille, Samantha, de rejoindre l’équipe de danse de son lycée, puis de partir en vacances à Disneyworld, l’été dernier », précise Rosemary, dont la dépression a été diagnostiquée voilà un peu plus d’un an.

Augustin (le père), Nikolas (le fils), Gabriel (le petit-fils) et Rosemary (la mère).

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