Les Garcia – L’Amérique, terre d’opportunités

Il y a un an, Lindsay et Alex Garcia vivaient à deux dans leur maison de Buda près d’Austin. Depuis, leur bébé est arrivé (Tessa, dix mois) et ils ont accueilli la fille colombienne d’Alex (Alejandra, 16 ans, issue d’un premier mariage) sous leur toit. Alejandra fait ses premiers pas dans un lycée américain depuis deux mois. Pour la jeune fille, dont l’anglais est encore timide, le combat pour rejoindre son père a été long. Plusieurs fois, un visa tourisme lui a été refusé.

S’adapter à un nouveau pays n’est pas aisé. « La langue anglaise, l’orthographe surtout, est difficile pour moi » explique la jeune fille. A la maison, sa belle-mère professeure d’espagnol lui parle en anglais, mais elle répond pour l’instant toujours en espagnol. « Nous sommes très fiers d’elle. C’est vraiment difficile pour elle » ajoute Alex. Au Texas, 34,2 % des habitants parlent une autre langue que l’anglais à la maison.

Alex le père, Tessa le bébé, Alejandra l’aînée et Lindsay la mère

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Les Agnew – Républicains, chrétiens et fans de Waco !

Dans la famille Agnew, je demande la mère, Charlene, 45 ans, consultante juridique. Le père Howard, 46 ans, est pasteur. Viennent ensuite les trois fils Nathan (17 ans), Jacob (19 ans) et Michael (21 ans) bientôt marié à Zara (21 ans).

Le cadet Jacob, la mère Charlene, le benjamin Nathan, le père Howard, l’aîné Michael et la belle-fille Zara

Les parents et Nathan vivent à Pearland, près de Houston, et viennent une fois tous les deux mois rendre visite aux deux garçons qui étudient à Waco. C’est là que nous les rencontrons dans un Cracker Barrel. Michael, l’aîné, étudie la communication à l’université de Baylor, la plus grande université baptiste du monde. Il y a rencontré sa fiancée Zara, étudiante en business dans la mode. Jacob, lui, étudie aussi la communication et la religion. Il souhaite devenir pasteur et leader de la chorale. Lire la suite

Les Bingham – Déçus par le parti républicain mais fans du Texas

Christie et Gene Bingham

Forcément républicains les commerçants texans ? Rien n’est moins sûr ! Votant habituellement pour le parti de l’éléphant, Gene et Christie Bingham, patrons du restaurant The Beacon Cafe, situé au sein d’un aérodrome de Fort Worth, s’apprêtent à s’abstenir. Pour eux, non seulement Mitt Romney est un mauvais candidat, qui « hésite sans cesse », « ne dit pas clairement ce qu’il veut faire » et « s’en est pris aux petites gens ». Mais Obama a aussi « sauvé l’économie », « reconnu qu’il ne pourrait pas faire tout ce qu’il avait promis lors de la précédente campagne et maintenu les troupes nécessaires à l’étranger ».

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Nacogdoches – Une coloc’ arty et engagée, mais pas dans les urnes

Ils circulent à vélo, font leurs courses au marché de producteurs, jouent de la musique, écrivent, peignent ou dessinent, et vivent ensemble sous le même toit plutôt que d’entrer dans le moule du couple marié avec enfants -pourtant prédominant à Nacogdoches, où ils ont élu domicile. Daniel Baugh, Santiago Escobedo, Kimberly Foli et Krysta Robertson ont beau vivre dans l’Est du Texas, connu pour son attachement aux traditions, ces jeunes âgés de 22 à 24 ans se reconnaissent volontiers comme des hipsters. Et contre toute attente, ils s’épanouissent à Nacogdoches.

Daniel, Krysta, Kimberly, Santiago

Certes, « il n’y a pas beaucoup d’endroits où montrer son art », regrette Santiago, étudiant en beaux-arts à l’université Stephen F. Austin. Mais « en prenant en compte le conservatisme ambiant, on peut considérer que Nacogdoches est assez ouvert », nuance Kim, rédactrice en chef adjointe au Daily Sentinel, le quotidien local. « Je viens de trouver un nouveau lieu d’exposition pour les artistes locaux », s’enthousiasme d’ailleurs Daniel, également étudiant en beaux-arts et président de l’Alliance pour les arts de l’université Stephen F. Austin. Lire la suite

Cynthia Rogers – Un président noir, rare signe d’espoir

Mère de cinq enfants nés de trois pères différents dont aucun n’a été son mari (son seul mariage n’ayant duré que deux ans et ne s’étant pas traduit par une nouvelle naissance), Cynthia Rogers a l’impression de subir sa vie. « Quand on est petite fille, on ne se dit pas que l’on va vivre des allocations [soit un budget de 1 343 dollars mensuels, du fait du handicap de son second fils, autiste]. Mais pour élever mes enfants, j’ai dû y avoir recours ».

Josef le fils, Cynthia la mère, Kendra la fille

Née à Hawaï en 1965, Cynthia semble avoir souffert de l’attention portée à sa sœur aînée, souffrant d’un problème cardiaque, de la mort de sa mère d’une maladie auto-immune (le Lupus érythémateux disséminé) quand elle n’avait que neuf ans et de l’autorité parentale accordée sa belle-mère. « Elle en abusait. Quand elle nous punissait, elle s’assurait que nous souffrions ».

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Les López-Izaguirre – L’Amérique sans le rêve ni les papiers

María López n’a pas le droit de vote aux Etats-Unis : elle est mexicaine. Pourtant, ce samedi 27 octobre, elle ira toquer aux portes de son voisinage de Houston pour inciter les Latinos à aller voter. « Nous qui n’avons pas de papiers, nous avons besoin que les membres de notre communauté participent, car nous ne sommes pas traités comme des êtres humains », estime cette quadragénaire arrivée dans la première ville du Texas en 2001 avec un visa tourisme.

Le porte-à-porte ne représente qu’une petite partie de l’activité militante de cette femme de ménage. Avec ses collègues de Houston syndiqués au Service Employees International Union (SEIU), elle s’est mise en grève pendant près d’un mois en juillet afin de défendre ses avantages sociaux.

Maria et sa fille Shiomara

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Les Ward – Obama pour son bilan et sa vision avant sa couleur de peau

Des Noirs au Texas ? Il y en a un petit peu moins que dans le reste du pays (à un point près). Mais tout de même plus de 12 % au dernier recensement de la population, en 2010.

Pour en rencontrer, il nous a suffi de nous rendre à l’heure de la messe dans un temple rattaché à un courant du protestantisme né après le début du XIXe siècle (l’époque où les Afro-Américains ont commencé à s’y convertir massivement). A l’église baptiste missionnaire de Mount Moriah, à Elgin, près d’Austin, nous avons fait la connaissance de Gladys Ward, la mère du pasteur assistant.

Mount Moriah Missionary Baptist Church

LE PASSE ESCLAVAGISTE DU TEXAS

« Ma grand-mère est arrivée comme esclave du Tennessee pour récolter du coton et je me rappelle qu’à l’école nous devions nous contenter de livres d’occasions, dont certaines pages manquaient, car c’était l’école des Noirs », raconte la sexagénaire, qui a passé toute sa vie dans la région rurale située à l’Est de la capitale du Texas.

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Les Sias – Un vote démocrate en guise d’assurance chômage

Les Sias – La mère : Juanita, le fils : Mauro, le père : Ricky, la fille : Roxy, l’oncle : Joe Segueda.

A Laredo comme dans le reste de la vallée du Rio Grande, on vit à la mexicaine. Fils d’immigrants mexicains, Ricky et Juanita Sias parlent espagnol à la maison. Chaque matin, ils déposent leurs fils de six ans, Mauro, à une école bilingue où les hispanophones apprennent l’anglais. Et en attendant le retour de Ricky de la carrosserie où il travaille jusqu’à 18 heures, la petite Roxy, un an et demi, est gardée par sa grand-mère maternelle, puisque Juanita a commencé à travailler dans un restaurant où elle embauche à 18 heures. Lire la suite

Au Texas, on fore encore…

Le sous-sol entre San Antonio et Laredo, à la frontière mexicaine, recèle un trésor de schiste bitumeux : le réservoir d’Eagle Ford, que la hausse des prix de l’essence et l’évolution des techniques de forage permettent d’exploiter depuis seulement quelques années, mais pour encore plusieurs décennies, espère KED Interests, la société  de Houston qui édite le site EagleFordShale.com.

En fait, « personne ne sait combien de temps cela va durer », commente Garry Wilson, un rancher de la région qui a vendu son bétail lors de la sécheresse de 2008 et a conduit des bulldozers, avant de commencer à fournir des services de pompage à haute pression, il y a deux ans.

Garry Wilson

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Les Valdez – Chicanos au chômage mais pleins d’espoirs

Les Valdez font partie des 25,8 % de pauvres vivant à San Antonio. Sachant qu’officiellement, être pauvre aux Etats-Unis signifie, pour une famille de quatre personnes, vivre avec moins de 23 000 dollars annuels. Dans le cas des Valdez, les revenus annuels du foyer se limitent aux deux pensions d’invalidité des parents, Augustin et Rosemary, soit 8 400 dollars par an (ou 700 dollars mensuels).

UNE SANTE DÉFAILLANTE, PASSEPORT POUR LE CHÔMAGE

Avec cette somme, « il faut payer les charges, la nourriture, l’essence, les produits d’hygiène et d’entretien de la maison, les abonnements au câble, au téléphone, mais aussi à internet, dont notre dernier fils, Nikolas, a besoin pour étudier, et les mensualités des prêts contractés afin de permettre à notre seconde fille, Samantha, de rejoindre l’équipe de danse de son lycée, puis de partir en vacances à Disneyworld, l’été dernier », précise Rosemary, dont la dépression a été diagnostiquée voilà un peu plus d’un an.

Augustin (le père), Nikolas (le fils), Gabriel (le petit-fils) et Rosemary (la mère).

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