Les Garcia – L’Amérique, terre d’opportunités

Il y a un an, Lindsay et Alex Garcia vivaient à deux dans leur maison de Buda près d’Austin. Depuis, leur bébé est arrivé (Tessa, dix mois) et ils ont accueilli la fille colombienne d’Alex (Alejandra, 16 ans, issue d’un premier mariage) sous leur toit. Alejandra fait ses premiers pas dans un lycée américain depuis deux mois. Pour la jeune fille, dont l’anglais est encore timide, le combat pour rejoindre son père a été long. Plusieurs fois, un visa tourisme lui a été refusé.

S’adapter à un nouveau pays n’est pas aisé. « La langue anglaise, l’orthographe surtout, est difficile pour moi » explique la jeune fille. A la maison, sa belle-mère professeure d’espagnol lui parle en anglais, mais elle répond pour l’instant toujours en espagnol. « Nous sommes très fiers d’elle. C’est vraiment difficile pour elle » ajoute Alex. Au Texas, 34,2 % des habitants parlent une autre langue que l’anglais à la maison.

Alex le père, Tessa le bébé, Alejandra l’aînée et Lindsay la mère

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Les López-Izaguirre – L’Amérique sans le rêve ni les papiers

María López n’a pas le droit de vote aux Etats-Unis : elle est mexicaine. Pourtant, ce samedi 27 octobre, elle ira toquer aux portes de son voisinage de Houston pour inciter les Latinos à aller voter. « Nous qui n’avons pas de papiers, nous avons besoin que les membres de notre communauté participent, car nous ne sommes pas traités comme des êtres humains », estime cette quadragénaire arrivée dans la première ville du Texas en 2001 avec un visa tourisme.

Le porte-à-porte ne représente qu’une petite partie de l’activité militante de cette femme de ménage. Avec ses collègues de Houston syndiqués au Service Employees International Union (SEIU), elle s’est mise en grève pendant près d’un mois en juillet afin de défendre ses avantages sociaux.

Maria et sa fille Shiomara

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Les Salha – Du Liban au Texas, le rêve américain

A la maison, les Salha parlent anglais. Mais en bons petits Libano-américains, Diana et Christopher, les enfants, apprennent et parlent trois langues : français, anglais, arabe. Leurs parents sont arrivés à Houston à cause de la guerre civile au Liban (1975-1990). Fadi quand il avait seulement treize ans. Liliane lorsqu’elle avait vingt-six ans. Ces deux professionnels de la santé (dentiste et pédiatre) ne se sont pas adaptés de la même façon au Texas.

Pour Fadi, dont le frère et la sœur vivent à Houston et Austin, le choix est clair. « J’aime le Texas, il y a beaucoup d’espace. Vous pouvez travailler, voyager n’importe où et j’aime l’esprit entrepreneur des Américains. Je dirais que je suis Texan à 75 % et Libanais à 25 %. J’aime être américain mais j’aime aussi la culture libanaise centrée autour de la famille. Même si parfois la société là-bas est très pesante. »

Les Salha : Fadi le père, Diana la fille, Christopher le fils, Liliane la mère.

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Les Sias – Un vote démocrate en guise d’assurance chômage

Les Sias – La mère : Juanita, le fils : Mauro, le père : Ricky, la fille : Roxy, l’oncle : Joe Segueda.

A Laredo comme dans le reste de la vallée du Rio Grande, on vit à la mexicaine. Fils d’immigrants mexicains, Ricky et Juanita Sias parlent espagnol à la maison. Chaque matin, ils déposent leurs fils de six ans, Mauro, à une école bilingue où les hispanophones apprennent l’anglais. Et en attendant le retour de Ricky de la carrosserie où il travaille jusqu’à 18 heures, la petite Roxy, un an et demi, est gardée par sa grand-mère maternelle, puisque Juanita a commencé à travailler dans un restaurant où elle embauche à 18 heures. Lire la suite

Des rêveurs qui n’ont pas la tête dans les nuages

Devant le Starbucks où nous nous sommes installées pour travailler à San Antonio, un groupe de jeunes s’est formé. Ils enfilent des gilets jaune fluo arborant le slogan « I am a Dreamer voter! ». Ne comprenez pas : « Je suis un électeur qui rêve », mais plutôt « je suis un jeune immigré illégal qui rêve de voter ».

« Les Dreamers sont arrivés aux Etats-Unis avant leurs seize ans, ont passé au moins cinq années dans le pays de façon continue, ont fréquenté des écoles publiques américaines, ont été acceptés dans une université et ont un casier judiciaire vierge », explique Adrián Reyna (photo), arrivé en 2004 avec ses parents et un visa tourisme. Il est aujourd’hui étudiant en anthropologie et science politique à l’université du Texas à Austin.

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Pour ou contre le contrôle fédéral sur la loi électorale texane ?

Comme les autres Etats de l’Union, le Texas a son propre code de la route, sa politique scolaire, de santé publique, etc. Mais tout comme une série d’Etats ou de régions au passé raciste, il ne fait pas ce qu’il veut en matière électorale. Et c’est un Texan, le Démocrate Lyndon B. Johnson, qui a introduit la loi interdisant le suffrage censitaire qui excluait jusque là de nombreux Noirs de la vie démocratique.

Le Voting rights Act de 1965 oblige toujours le Lone Star State à obtenir l’aval fédéral dès qu’il modifie une disposition électorale. Une disposition dépassée pour certains. Mais sur laquelle l’administration Obama s’est appuyée pour censurer deux lois électorales texanes au cours des derniers mois. Journaliste au Texas Tribune, francophone et francophile, Jay Root est revenu pour nous sur cette polémique à l’issue d’un débat sur le sujet samedi, à Austin, dans le cadre du deuxième Tribune Fest.

PS : Jay Root vient de publier un livre électronique analysant l’échec du gouverneur Rick Perry dans la primaire républicaine à l’issue de laquelle Mitt Romney s’est imposé : Oops! (A Diary from the 2012 Campaign Trail).