La première fois que j’ai tiré avec une arme à feu

Même après une année entière passée au Texas, je dois avouer que la simple vue d’une arme à feu sur le parking de la foire aux armes de Tyler la semaine dernière, au rayon chasse des magasins de sports américains, à la ceinture d’un policier, d’un militaire ou d’un éleveur comme Bill Rivers, que nous avons interviewé à Bandera (la « capitale des cowboys »), me répugne toujours. Comme la plupart d’entre nous j’espère, j’aimerais vivre dans un monde expurgé de violence. Mais la culture des armes est tellement présente de ce côté-ci de l’Atlantique (et au Texas en particulier), que je me dois de m’y intéresser en tant que journaliste.

Et j’avoue que j’étais vraiment curieuse de savoir quelle sensation on ressent au moment de tirer. Pas tellement ce qui passe par la tête au moment d’appuyer sur la gâchette. Mais est-ce que l’on sent le recul du pistolet dans tout son corps lorsque la balle est partie ? Ou est-ce que l’on peut vraiment envoyer un projectile mortel sans aucun effort ? Je sais bien que tout l’enjeu pour les fabricants d’armes est de permettre de tuer en fournissant le moins d’efforts possible. Mais je me demandais si, sur le plan strictement physique, il était vraiment aussi facile de tirer que je me l’imaginais, car cette idée me semblait vertigineuse.

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Les Bingham – Déçus par le parti républicain mais fans du Texas

Christie et Gene Bingham

Forcément républicains les commerçants texans ? Rien n’est moins sûr ! Votant habituellement pour le parti de l’éléphant, Gene et Christie Bingham, patrons du restaurant The Beacon Cafe, situé au sein d’un aérodrome de Fort Worth, s’apprêtent à s’abstenir. Pour eux, non seulement Mitt Romney est un mauvais candidat, qui « hésite sans cesse », « ne dit pas clairement ce qu’il veut faire » et « s’en est pris aux petites gens ». Mais Obama a aussi « sauvé l’économie », « reconnu qu’il ne pourrait pas faire tout ce qu’il avait promis lors de la précédente campagne et maintenu les troupes nécessaires à l’étranger ».

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Les St. John – Un déçu d’Obama + une libertarienne = deux votes pour Romney ?

Robin et Jeff St. John

Elle est agente immobilière, lui professeur de physique. Robin et Jeff St. John se sont rencontrés en 1990, sur leur lieu de travail. Diplômée en psychologie, Robin intervenait dans l’établissement scolaire où Jeff donnait des cours, en Californie. La Texane était déjà maman d’une petite fille, Britney, qu’elle élevait seule. Et quand elle est tombée enceinte de leur fils Dylan, Jeff l’a épousée, puis l’a suivie au Texas, dans le Nord de l’agglomération de Dallas-Fort Worth. Car pour le couple, « la Californie n’est pas un bon endroit pour élever des enfants. Il y a trop de distractions. Les gangs y sont plus actifs ». Lire la suite

Les Ellis – Jamais sans mon Dieu ni ma famille

Wayne et Melissa viennent tout juste de récupérer leur intimité. Jusqu’à récemment, ils dormaient avec leur dernier garçon Elijah, 10 mois. Mais celui-ci a rejoint dans la deuxième petite chambre de la maison ses frères : Everett, 5 ans, et Logan, 4 ans. La famille envisage de construire une troisième chambre, car elle a appris qu’elle aura un 4ème enfant en juin prochain.

Melissa et Wayne

A 26 ans, cette jeune Texane de Huntsville ne vit que pour Dieu et sa famille. Lire la suite

Huntsville – Un ticket de bus, 50 $ et la liberté

La petite maison en face de la prison permet aux familles d’attendre leur proche.

La liste des condamnés à mort exécutés au Texas est longue. 488 noms. Tous décédés à Huntsville.

Bobby Lee Hines est le dernier de la liste, il est mort mercredi 24 octobre. Devant la fameuse Walls unit où ont lieu les exécutions, tous les matins, du lundi au vendredi, des détenus sont relâchés, de façon conditionnelle ou pour de bon. En face, dans une maisonnette, un volontaire de l’église baptiste tente de les orienter : « 20 % des détenus sont accueillis par leur famille à leur sortie. Mais les autres marchent jusqu’à l’arrêt de bus et partent vers Dallas ou Houston. »

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Cynthia Rogers – Un président noir, rare signe d’espoir

Mère de cinq enfants nés de trois pères différents dont aucun n’a été son mari (son seul mariage n’ayant duré que deux ans et ne s’étant pas traduit par une nouvelle naissance), Cynthia Rogers a l’impression de subir sa vie. « Quand on est petite fille, on ne se dit pas que l’on va vivre des allocations [soit un budget de 1 343 dollars mensuels, du fait du handicap de son second fils, autiste]. Mais pour élever mes enfants, j’ai dû y avoir recours ».

Josef le fils, Cynthia la mère, Kendra la fille

Née à Hawaï en 1965, Cynthia semble avoir souffert de l’attention portée à sa sœur aînée, souffrant d’un problème cardiaque, de la mort de sa mère d’une maladie auto-immune (le Lupus érythémateux disséminé) quand elle n’avait que neuf ans et de l’autorité parentale accordée sa belle-mère. « Elle en abusait. Quand elle nous punissait, elle s’assurait que nous souffrions ».

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Les López-Izaguirre – L’Amérique sans le rêve ni les papiers

María López n’a pas le droit de vote aux Etats-Unis : elle est mexicaine. Pourtant, ce samedi 27 octobre, elle ira toquer aux portes de son voisinage de Houston pour inciter les Latinos à aller voter. « Nous qui n’avons pas de papiers, nous avons besoin que les membres de notre communauté participent, car nous ne sommes pas traités comme des êtres humains », estime cette quadragénaire arrivée dans la première ville du Texas en 2001 avec un visa tourisme.

Le porte-à-porte ne représente qu’une petite partie de l’activité militante de cette femme de ménage. Avec ses collègues de Houston syndiqués au Service Employees International Union (SEIU), elle s’est mise en grève pendant près d’un mois en juillet afin de défendre ses avantages sociaux.

Maria et sa fille Shiomara

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Les Blyth-Salvato / Deux homosexuels démocrates réinventent la famille recomposée

La mère Cheryl, le père Carl (désormais divorcés), le nouveau compagnon de Carl Joe, les filles Claire, Katie, Sarah et son mari Kiran

Originaire de la côte Est, où il a passé l’essentiel de sa vie (hormis des séjours en France, où il a appris le français adolescent, puis au Canada), Carl Blyth avoue qu’il était un peu inquiet avant de déménager à Austin, la capitale du Texas, en 1993. « Je m’imaginais l’Etat comme laid, sec, républicain. Le Texas est républicain, mais il est beaucoup plus divers qu’on ne l’imagine de l’extérieur et la République populaire d’Austin n’a rien à voir avec la conservatrice Dallas ou même Houston ».

UNE FAMILLE RECOMPOSEE ET HOMOSEXUELLE

Austin, c’est la ville où Carl a pu faire son coming out et se séparer de sa femme sans drame majeur en 1997, avant de reconstruire une famille à part entière avec Joe Salvato, qu’il a rencontré en 2004. Les deux premières filles de Carl, Sarah et Katie, étaient alors adolescentes. Mais la petite dernière, Claire, n’avait que dix ans. « Nous avons donc partagé le rôle de père et Joe a beaucoup fait à la maison », souligne Carl. Lire la suite

Les Sias – Un vote démocrate en guise d’assurance chômage

Les Sias – La mère : Juanita, le fils : Mauro, le père : Ricky, la fille : Roxy, l’oncle : Joe Segueda.

A Laredo comme dans le reste de la vallée du Rio Grande, on vit à la mexicaine. Fils d’immigrants mexicains, Ricky et Juanita Sias parlent espagnol à la maison. Chaque matin, ils déposent leurs fils de six ans, Mauro, à une école bilingue où les hispanophones apprennent l’anglais. Et en attendant le retour de Ricky de la carrosserie où il travaille jusqu’à 18 heures, la petite Roxy, un an et demi, est gardée par sa grand-mère maternelle, puisque Juanita a commencé à travailler dans un restaurant où elle embauche à 18 heures. Lire la suite

Les Valdez – Chicanos au chômage mais pleins d’espoirs

Les Valdez font partie des 25,8 % de pauvres vivant à San Antonio. Sachant qu’officiellement, être pauvre aux Etats-Unis signifie, pour une famille de quatre personnes, vivre avec moins de 23 000 dollars annuels. Dans le cas des Valdez, les revenus annuels du foyer se limitent aux deux pensions d’invalidité des parents, Augustin et Rosemary, soit 8 400 dollars par an (ou 700 dollars mensuels).

UNE SANTE DÉFAILLANTE, PASSEPORT POUR LE CHÔMAGE

Avec cette somme, « il faut payer les charges, la nourriture, l’essence, les produits d’hygiène et d’entretien de la maison, les abonnements au câble, au téléphone, mais aussi à internet, dont notre dernier fils, Nikolas, a besoin pour étudier, et les mensualités des prêts contractés afin de permettre à notre seconde fille, Samantha, de rejoindre l’équipe de danse de son lycée, puis de partir en vacances à Disneyworld, l’été dernier », précise Rosemary, dont la dépression a été diagnostiquée voilà un peu plus d’un an.

Augustin (le père), Nikolas (le fils), Gabriel (le petit-fils) et Rosemary (la mère).

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