Dan Moran – Héros de guerre et citoyen avisé

A 31 ans, Daniel Moran est l’heureux papa de trois enfants âgés de sept, cinq et deux ans et demi. Le soir où nous le rencontrons, à Cypress, au Nord-Ouest de Houston, sa femme Teal est sortie et les deux petits confiés aux soins d’une baby sitter, car Trey, l’aîné, a entraînement de football américain. La session dure deux heures. Mais pas question pour Dan de rater le rendez-vous. Dans cette famille de Texans de souche, le foot est une affaire importante.

Dan & Trey

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Les Garcia – L’Amérique, terre d’opportunités

Il y a un an, Lindsay et Alex Garcia vivaient à deux dans leur maison de Buda près d’Austin. Depuis, leur bébé est arrivé (Tessa, dix mois) et ils ont accueilli la fille colombienne d’Alex (Alejandra, 16 ans, issue d’un premier mariage) sous leur toit. Alejandra fait ses premiers pas dans un lycée américain depuis deux mois. Pour la jeune fille, dont l’anglais est encore timide, le combat pour rejoindre son père a été long. Plusieurs fois, un visa tourisme lui a été refusé.

S’adapter à un nouveau pays n’est pas aisé. « La langue anglaise, l’orthographe surtout, est difficile pour moi » explique la jeune fille. A la maison, sa belle-mère professeure d’espagnol lui parle en anglais, mais elle répond pour l’instant toujours en espagnol. « Nous sommes très fiers d’elle. C’est vraiment difficile pour elle » ajoute Alex. Au Texas, 34,2 % des habitants parlent une autre langue que l’anglais à la maison.

Alex le père, Tessa le bébé, Alejandra l’aînée et Lindsay la mère

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Les Agnew – Républicains, chrétiens et fans de Waco !

Dans la famille Agnew, je demande la mère, Charlene, 45 ans, consultante juridique. Le père Howard, 46 ans, est pasteur. Viennent ensuite les trois fils Nathan (17 ans), Jacob (19 ans) et Michael (21 ans) bientôt marié à Zara (21 ans).

Le cadet Jacob, la mère Charlene, le benjamin Nathan, le père Howard, l’aîné Michael et la belle-fille Zara

Les parents et Nathan vivent à Pearland, près de Houston, et viennent une fois tous les deux mois rendre visite aux deux garçons qui étudient à Waco. C’est là que nous les rencontrons dans un Cracker Barrel. Michael, l’aîné, étudie la communication à l’université de Baylor, la plus grande université baptiste du monde. Il y a rencontré sa fiancée Zara, étudiante en business dans la mode. Jacob, lui, étudie aussi la communication et la religion. Il souhaite devenir pasteur et leader de la chorale. Lire la suite

Les Bingham – Déçus par le parti républicain mais fans du Texas

Christie et Gene Bingham

Forcément républicains les commerçants texans ? Rien n’est moins sûr ! Votant habituellement pour le parti de l’éléphant, Gene et Christie Bingham, patrons du restaurant The Beacon Cafe, situé au sein d’un aérodrome de Fort Worth, s’apprêtent à s’abstenir. Pour eux, non seulement Mitt Romney est un mauvais candidat, qui « hésite sans cesse », « ne dit pas clairement ce qu’il veut faire » et « s’en est pris aux petites gens ». Mais Obama a aussi « sauvé l’économie », « reconnu qu’il ne pourrait pas faire tout ce qu’il avait promis lors de la précédente campagne et maintenu les troupes nécessaires à l’étranger ».

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Les St. John – Un déçu d’Obama + une libertarienne = deux votes pour Romney ?

Robin et Jeff St. John

Elle est agente immobilière, lui professeur de physique. Robin et Jeff St. John se sont rencontrés en 1990, sur leur lieu de travail. Diplômée en psychologie, Robin intervenait dans l’établissement scolaire où Jeff donnait des cours, en Californie. La Texane était déjà maman d’une petite fille, Britney, qu’elle élevait seule. Et quand elle est tombée enceinte de leur fils Dylan, Jeff l’a épousée, puis l’a suivie au Texas, dans le Nord de l’agglomération de Dallas-Fort Worth. Car pour le couple, « la Californie n’est pas un bon endroit pour élever des enfants. Il y a trop de distractions. Les gangs y sont plus actifs ». Lire la suite

Nacogdoches – Une coloc’ arty et engagée, mais pas dans les urnes

Ils circulent à vélo, font leurs courses au marché de producteurs, jouent de la musique, écrivent, peignent ou dessinent, et vivent ensemble sous le même toit plutôt que d’entrer dans le moule du couple marié avec enfants -pourtant prédominant à Nacogdoches, où ils ont élu domicile. Daniel Baugh, Santiago Escobedo, Kimberly Foli et Krysta Robertson ont beau vivre dans l’Est du Texas, connu pour son attachement aux traditions, ces jeunes âgés de 22 à 24 ans se reconnaissent volontiers comme des hipsters. Et contre toute attente, ils s’épanouissent à Nacogdoches.

Daniel, Krysta, Kimberly, Santiago

Certes, « il n’y a pas beaucoup d’endroits où montrer son art », regrette Santiago, étudiant en beaux-arts à l’université Stephen F. Austin. Mais « en prenant en compte le conservatisme ambiant, on peut considérer que Nacogdoches est assez ouvert », nuance Kim, rédactrice en chef adjointe au Daily Sentinel, le quotidien local. « Je viens de trouver un nouveau lieu d’exposition pour les artistes locaux », s’enthousiasme d’ailleurs Daniel, également étudiant en beaux-arts et président de l’Alliance pour les arts de l’université Stephen F. Austin. Lire la suite

Les Ellis – Jamais sans mon Dieu ni ma famille

Wayne et Melissa viennent tout juste de récupérer leur intimité. Jusqu’à récemment, ils dormaient avec leur dernier garçon Elijah, 10 mois. Mais celui-ci a rejoint dans la deuxième petite chambre de la maison ses frères : Everett, 5 ans, et Logan, 4 ans. La famille envisage de construire une troisième chambre, car elle a appris qu’elle aura un 4ème enfant en juin prochain.

Melissa et Wayne

A 26 ans, cette jeune Texane de Huntsville ne vit que pour Dieu et sa famille. Lire la suite

Huntsville – Un ticket de bus, 50 $ et la liberté

La petite maison en face de la prison permet aux familles d’attendre leur proche.

La liste des condamnés à mort exécutés au Texas est longue. 488 noms. Tous décédés à Huntsville.

Bobby Lee Hines est le dernier de la liste, il est mort mercredi 24 octobre. Devant la fameuse Walls unit où ont lieu les exécutions, tous les matins, du lundi au vendredi, des détenus sont relâchés, de façon conditionnelle ou pour de bon. En face, dans une maisonnette, un volontaire de l’église baptiste tente de les orienter : « 20 % des détenus sont accueillis par leur famille à leur sortie. Mais les autres marchent jusqu’à l’arrêt de bus et partent vers Dallas ou Houston. »

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Voter avant le 6 novembre c’est possible !

Chris a voté le 25 octobre pour la présidentielle du 6 novembre.

Pour favoriser la participation électorale, le Texas permet à ses habitants de voter jusqu’à quinze jours à l’avance. Comme Barack Obama à Chicago, la dame assurant l’accueil de l’office de tourisme de Huntsville s’est prononcée avant le jour-J (qui tombe cette année le six novembre). Et Chris affichait fièrement son civisme avec un autocollant « a voté ! ».

En personne ou par courrier, ils sont près d’un million et demi à avoir ainsi anticipé l’échéance électorale, soit plus de 17 % du collège électoral selon les derniers chiffres de la Secretary of State. A Houston, un Français fraîchement naturalisé nous a raconté son étonnement face à l’engouement des Texans pour ce mode de scrutin.

« J’ai été surpris par la longueur de la queue à faire avant d’arriver à la machine de vote. Ensuite, c’est une cinquantaine de questions auxquelles il faut répondre, une dizaine sur des changements de lois locales, mais surtout une quarantaine de candidats à départager, depuis la présidence de la fédération jusqu’au 334e district judiciaire ! J’avoue avoir peu d’éléments pour me prononcer sur cette dernière élection. Mais au Texas il n’y a de toute façon qu’un seul candidat à certains postes : celui du parti républicain ».

Comme Chris, la plupart des Texans vote en effet pour le parti républicain. Au point que la primaire républicaine retienne parfois plus l’attention que l’élection générale.

TEXTE Cécile

PHOTO Mélinda

Cynthia Rogers – Un président noir, rare signe d’espoir

Mère de cinq enfants nés de trois pères différents dont aucun n’a été son mari (son seul mariage n’ayant duré que deux ans et ne s’étant pas traduit par une nouvelle naissance), Cynthia Rogers a l’impression de subir sa vie. « Quand on est petite fille, on ne se dit pas que l’on va vivre des allocations [soit un budget de 1 343 dollars mensuels, du fait du handicap de son second fils, autiste]. Mais pour élever mes enfants, j’ai dû y avoir recours ».

Josef le fils, Cynthia la mère, Kendra la fille

Née à Hawaï en 1965, Cynthia semble avoir souffert de l’attention portée à sa sœur aînée, souffrant d’un problème cardiaque, de la mort de sa mère d’une maladie auto-immune (le Lupus érythémateux disséminé) quand elle n’avait que neuf ans et de l’autorité parentale accordée sa belle-mère. « Elle en abusait. Quand elle nous punissait, elle s’assurait que nous souffrions ».

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Les López-Izaguirre – L’Amérique sans le rêve ni les papiers

María López n’a pas le droit de vote aux Etats-Unis : elle est mexicaine. Pourtant, ce samedi 27 octobre, elle ira toquer aux portes de son voisinage de Houston pour inciter les Latinos à aller voter. « Nous qui n’avons pas de papiers, nous avons besoin que les membres de notre communauté participent, car nous ne sommes pas traités comme des êtres humains », estime cette quadragénaire arrivée dans la première ville du Texas en 2001 avec un visa tourisme.

Le porte-à-porte ne représente qu’une petite partie de l’activité militante de cette femme de ménage. Avec ses collègues de Houston syndiqués au Service Employees International Union (SEIU), elle s’est mise en grève pendant près d’un mois en juillet afin de défendre ses avantages sociaux.

Maria et sa fille Shiomara

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Les Salha – Du Liban au Texas, le rêve américain

A la maison, les Salha parlent anglais. Mais en bons petits Libano-américains, Diana et Christopher, les enfants, apprennent et parlent trois langues : français, anglais, arabe. Leurs parents sont arrivés à Houston à cause de la guerre civile au Liban (1975-1990). Fadi quand il avait seulement treize ans. Liliane lorsqu’elle avait vingt-six ans. Ces deux professionnels de la santé (dentiste et pédiatre) ne se sont pas adaptés de la même façon au Texas.

Pour Fadi, dont le frère et la sœur vivent à Houston et Austin, le choix est clair. « J’aime le Texas, il y a beaucoup d’espace. Vous pouvez travailler, voyager n’importe où et j’aime l’esprit entrepreneur des Américains. Je dirais que je suis Texan à 75 % et Libanais à 25 %. J’aime être américain mais j’aime aussi la culture libanaise centrée autour de la famille. Même si parfois la société là-bas est très pesante. »

Les Salha : Fadi le père, Diana la fille, Christopher le fils, Liliane la mère.

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Les Blyth-Salvato / Deux homosexuels démocrates réinventent la famille recomposée

La mère Cheryl, le père Carl (désormais divorcés), le nouveau compagnon de Carl Joe, les filles Claire, Katie, Sarah et son mari Kiran

Originaire de la côte Est, où il a passé l’essentiel de sa vie (hormis des séjours en France, où il a appris le français adolescent, puis au Canada), Carl Blyth avoue qu’il était un peu inquiet avant de déménager à Austin, la capitale du Texas, en 1993. « Je m’imaginais l’Etat comme laid, sec, républicain. Le Texas est républicain, mais il est beaucoup plus divers qu’on ne l’imagine de l’extérieur et la République populaire d’Austin n’a rien à voir avec la conservatrice Dallas ou même Houston ».

UNE FAMILLE RECOMPOSEE ET HOMOSEXUELLE

Austin, c’est la ville où Carl a pu faire son coming out et se séparer de sa femme sans drame majeur en 1997, avant de reconstruire une famille à part entière avec Joe Salvato, qu’il a rencontré en 2004. Les deux premières filles de Carl, Sarah et Katie, étaient alors adolescentes. Mais la petite dernière, Claire, n’avait que dix ans. « Nous avons donc partagé le rôle de père et Joe a beaucoup fait à la maison », souligne Carl. Lire la suite

Chez David – Célibataire républicain en quête d’amour

L’étape à Corpus Christi restera dans nos mémoires. Dans cette ville de 300 000 habitants connue pour sa base militaire (la Naval Air Station), nous avions décidé de trouver une famille liée à l’armée. Au supermarché du coin, le HEB, nous avons bien rencontré un vétéran du Vietnam, visiblement toujours ému de « son année en enfer », mais celui-ci ne nous a pas rappelées comme convenu. Ensuite, nous avions rendez-vous avec un US Marine adepte du yoga. Mais ce-dernier a annulé à 21h30.

Nous étions alors au DragonFly, un restaurant tenu par un Français. David mangeait seul, entre deux discussions avec le patron, son ami, et nous l’avions invité à se joindre à nous. Après lui avoir assuré que nous ne mettrions pas son nom sur le blog (à cause de son travail dans le pétrole), il a accepté de nous ouvrir sa porte et son cœur.

David

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