Cynthia Rogers – Un président noir, rare signe d’espoir

Mère de cinq enfants nés de trois pères différents dont aucun n’a été son mari (son seul mariage n’ayant duré que deux ans et ne s’étant pas traduit par une nouvelle naissance), Cynthia Rogers a l’impression de subir sa vie. « Quand on est petite fille, on ne se dit pas que l’on va vivre des allocations [soit un budget de 1 343 dollars mensuels, du fait du handicap de son second fils, autiste]. Mais pour élever mes enfants, j’ai dû y avoir recours ».

Josef le fils, Cynthia la mère, Kendra la fille

Née à Hawaï en 1965, Cynthia semble avoir souffert de l’attention portée à sa sœur aînée, souffrant d’un problème cardiaque, de la mort de sa mère d’une maladie auto-immune (le Lupus érythémateux disséminé) quand elle n’avait que neuf ans et de l’autorité parentale accordée sa belle-mère. « Elle en abusait. Quand elle nous punissait, elle s’assurait que nous souffrions ».

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Les López-Izaguirre – L’Amérique sans le rêve ni les papiers

María López n’a pas le droit de vote aux Etats-Unis : elle est mexicaine. Pourtant, ce samedi 27 octobre, elle ira toquer aux portes de son voisinage de Houston pour inciter les Latinos à aller voter. « Nous qui n’avons pas de papiers, nous avons besoin que les membres de notre communauté participent, car nous ne sommes pas traités comme des êtres humains », estime cette quadragénaire arrivée dans la première ville du Texas en 2001 avec un visa tourisme.

Le porte-à-porte ne représente qu’une petite partie de l’activité militante de cette femme de ménage. Avec ses collègues de Houston syndiqués au Service Employees International Union (SEIU), elle s’est mise en grève pendant près d’un mois en juillet afin de défendre ses avantages sociaux.

Maria et sa fille Shiomara

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Les Salha – Du Liban au Texas, le rêve américain

A la maison, les Salha parlent anglais. Mais en bons petits Libano-américains, Diana et Christopher, les enfants, apprennent et parlent trois langues : français, anglais, arabe. Leurs parents sont arrivés à Houston à cause de la guerre civile au Liban (1975-1990). Fadi quand il avait seulement treize ans. Liliane lorsqu’elle avait vingt-six ans. Ces deux professionnels de la santé (dentiste et pédiatre) ne se sont pas adaptés de la même façon au Texas.

Pour Fadi, dont le frère et la sœur vivent à Houston et Austin, le choix est clair. « J’aime le Texas, il y a beaucoup d’espace. Vous pouvez travailler, voyager n’importe où et j’aime l’esprit entrepreneur des Américains. Je dirais que je suis Texan à 75 % et Libanais à 25 %. J’aime être américain mais j’aime aussi la culture libanaise centrée autour de la famille. Même si parfois la société là-bas est très pesante. »

Les Salha : Fadi le père, Diana la fille, Christopher le fils, Liliane la mère.

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Les Ward – Obama pour son bilan et sa vision avant sa couleur de peau

Des Noirs au Texas ? Il y en a un petit peu moins que dans le reste du pays (à un point près). Mais tout de même plus de 12 % au dernier recensement de la population, en 2010.

Pour en rencontrer, il nous a suffi de nous rendre à l’heure de la messe dans un temple rattaché à un courant du protestantisme né après le début du XIXe siècle (l’époque où les Afro-Américains ont commencé à s’y convertir massivement). A l’église baptiste missionnaire de Mount Moriah, à Elgin, près d’Austin, nous avons fait la connaissance de Gladys Ward, la mère du pasteur assistant.

Mount Moriah Missionary Baptist Church

LE PASSE ESCLAVAGISTE DU TEXAS

« Ma grand-mère est arrivée comme esclave du Tennessee pour récolter du coton et je me rappelle qu’à l’école nous devions nous contenter de livres d’occasions, dont certaines pages manquaient, car c’était l’école des Noirs », raconte la sexagénaire, qui a passé toute sa vie dans la région rurale située à l’Est de la capitale du Texas.

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Les Blyth-Salvato / Deux homosexuels démocrates réinventent la famille recomposée

La mère Cheryl, le père Carl (désormais divorcés), le nouveau compagnon de Carl Joe, les filles Claire, Katie, Sarah et son mari Kiran

Originaire de la côte Est, où il a passé l’essentiel de sa vie (hormis des séjours en France, où il a appris le français adolescent, puis au Canada), Carl Blyth avoue qu’il était un peu inquiet avant de déménager à Austin, la capitale du Texas, en 1993. « Je m’imaginais l’Etat comme laid, sec, républicain. Le Texas est républicain, mais il est beaucoup plus divers qu’on ne l’imagine de l’extérieur et la République populaire d’Austin n’a rien à voir avec la conservatrice Dallas ou même Houston ».

UNE FAMILLE RECOMPOSEE ET HOMOSEXUELLE

Austin, c’est la ville où Carl a pu faire son coming out et se séparer de sa femme sans drame majeur en 1997, avant de reconstruire une famille à part entière avec Joe Salvato, qu’il a rencontré en 2004. Les deux premières filles de Carl, Sarah et Katie, étaient alors adolescentes. Mais la petite dernière, Claire, n’avait que dix ans. « Nous avons donc partagé le rôle de père et Joe a beaucoup fait à la maison », souligne Carl. Lire la suite

Chez David – Célibataire républicain en quête d’amour

L’étape à Corpus Christi restera dans nos mémoires. Dans cette ville de 300 000 habitants connue pour sa base militaire (la Naval Air Station), nous avions décidé de trouver une famille liée à l’armée. Au supermarché du coin, le HEB, nous avons bien rencontré un vétéran du Vietnam, visiblement toujours ému de « son année en enfer », mais celui-ci ne nous a pas rappelées comme convenu. Ensuite, nous avions rendez-vous avec un US Marine adepte du yoga. Mais ce-dernier a annulé à 21h30.

Nous étions alors au DragonFly, un restaurant tenu par un Français. David mangeait seul, entre deux discussions avec le patron, son ami, et nous l’avions invité à se joindre à nous. Après lui avoir assuré que nous ne mettrions pas son nom sur le blog (à cause de son travail dans le pétrole), il a accepté de nous ouvrir sa porte et son cœur.

David

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Les Sias – Un vote démocrate en guise d’assurance chômage

Les Sias – La mère : Juanita, le fils : Mauro, le père : Ricky, la fille : Roxy, l’oncle : Joe Segueda.

A Laredo comme dans le reste de la vallée du Rio Grande, on vit à la mexicaine. Fils d’immigrants mexicains, Ricky et Juanita Sias parlent espagnol à la maison. Chaque matin, ils déposent leurs fils de six ans, Mauro, à une école bilingue où les hispanophones apprennent l’anglais. Et en attendant le retour de Ricky de la carrosserie où il travaille jusqu’à 18 heures, la petite Roxy, un an et demi, est gardée par sa grand-mère maternelle, puisque Juanita a commencé à travailler dans un restaurant où elle embauche à 18 heures. Lire la suite

Shawn Miller, la liberté avant tout

A Laredo, à la frontière mexicaine, nous avons été hébergées par Shawn Miller. Né en 1972, à Lubbock, dans le Nord du Texas, Shawn avait un père pilote de l’air qui les a fait voyager partout aux Etats-Unis (Wisconsin, Michigan, Californie, etc.). Il a également passé six ans en France au début des années 2000 entre la Bourgogne et Saint-Etienne. Pour ce professeur détenteur de trois Masters (philosophie, histoire, finance) et qui continue d’étudier encore et toujours, le choix pour l’élection du 6 novembre est fait.

Il votera Républicain.

Shawn Miller à l’arrière de sa maison

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Au Texas, on fore encore…

Le sous-sol entre San Antonio et Laredo, à la frontière mexicaine, recèle un trésor de schiste bitumeux : le réservoir d’Eagle Ford, que la hausse des prix de l’essence et l’évolution des techniques de forage permettent d’exploiter depuis seulement quelques années, mais pour encore plusieurs décennies, espère KED Interests, la société  de Houston qui édite le site EagleFordShale.com.

En fait, « personne ne sait combien de temps cela va durer », commente Garry Wilson, un rancher de la région qui a vendu son bétail lors de la sécheresse de 2008 et a conduit des bulldozers, avant de commencer à fournir des services de pompage à haute pression, il y a deux ans.

Garry Wilson

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Les Valdez – Nikolas, 10 ans, artiste et fan de Katy Perry

Nikolas n’a que dix ans et pourtant il a tout d’un grand. Dans sa chambre envahie de poupées et de dessins, Nikolas rêve d’être « artiste et chanteur ».

Incollable sur Monster High (un repère de poupées terrifiantes), le petit Texan est aussi un fan de Katy Perry. Ses dessins, eux, reflètent son talent. Il dépeint avec détails des héroïnes de contes de fées version monstres. Avec son sourire communicateur, Nikolas assure qu’il ne faut pas « avoir peur ». Ce n’est que son imagination qui se déverse sur ses feuilles blanches. Lire la suite

Les Valdez – Chicanos au chômage mais pleins d’espoirs

Les Valdez font partie des 25,8 % de pauvres vivant à San Antonio. Sachant qu’officiellement, être pauvre aux Etats-Unis signifie, pour une famille de quatre personnes, vivre avec moins de 23 000 dollars annuels. Dans le cas des Valdez, les revenus annuels du foyer se limitent aux deux pensions d’invalidité des parents, Augustin et Rosemary, soit 8 400 dollars par an (ou 700 dollars mensuels).

UNE SANTE DÉFAILLANTE, PASSEPORT POUR LE CHÔMAGE

Avec cette somme, « il faut payer les charges, la nourriture, l’essence, les produits d’hygiène et d’entretien de la maison, les abonnements au câble, au téléphone, mais aussi à internet, dont notre dernier fils, Nikolas, a besoin pour étudier, et les mensualités des prêts contractés afin de permettre à notre seconde fille, Samantha, de rejoindre l’équipe de danse de son lycée, puis de partir en vacances à Disneyworld, l’été dernier », précise Rosemary, dont la dépression a été diagnostiquée voilà un peu plus d’un an.

Augustin (le père), Nikolas (le fils), Gabriel (le petit-fils) et Rosemary (la mère).

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Des rêveurs qui n’ont pas la tête dans les nuages

Devant le Starbucks où nous nous sommes installées pour travailler à San Antonio, un groupe de jeunes s’est formé. Ils enfilent des gilets jaune fluo arborant le slogan « I am a Dreamer voter! ». Ne comprenez pas : « Je suis un électeur qui rêve », mais plutôt « je suis un jeune immigré illégal qui rêve de voter ».

« Les Dreamers sont arrivés aux Etats-Unis avant leurs seize ans, ont passé au moins cinq années dans le pays de façon continue, ont fréquenté des écoles publiques américaines, ont été acceptés dans une université et ont un casier judiciaire vierge », explique Adrián Reyna (photo), arrivé en 2004 avec ses parents et un visa tourisme. Il est aujourd’hui étudiant en anthropologie et science politique à l’université du Texas à Austin.

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Bill Rivers, rancher/dresseur au grand coeur

Bill Rivers est un authentique cowboy, né dans le Nebraska, élevé dans une ferme du Missouri. Quand il était petit, il voulait être vétérinaire. Au final, il se retrouve à 64 ans dans un ranch au Texas et avec une belle carrière à Hollywood. Chez Disney ou sur les plateaux de films comme Hidalgo, le truc de Bill c’est de dresser n’importe quel animal ! Chimpanzés, zèbres, chameaux et oryx n’ont plus aucun secret pour lui.

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A la chasse au rancher à Bandera

Bandera, point de départ du Great Western Cattle Trail et capitale des cowboys… Telle est la première étape que nous avions choisie pour notre périple. Après avoir fait étape dans la ville natale de Lyndon B. Johnson, le seul président démocrate originaire du Texas, et photographié la première Texas White House, nous étions au cœur du Hill country agricole dès 16 heures de l’après-midi, prêtes à découvrir à quoi ressemblait la vie dans un ranch.

Pour trouver une famille, nous sommes entrées dans un magasin fournissant le matériel nécessaire à l’activité agricole, où nous n’avons rencontré que des propriétaires d’animaux de compagnie. On nous a conseillé de nous rendre au Longhorn Saloon et au restaurant OST (pour Old Spanish Trail) pour parler à des cowboys.

Le premier établissement comptait effectivement un authentique cowboy, mais employé dans un ranch situé à une heure et demie de route de Bandera. Et le niveau d’alcoolisation de l’assemblée nous a incitées à poursuivre notre recherche.

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